jeudi 15 décembre 2011

René Char

Donnerbach Mühle

              Novembre de brumes, entends sous le bois la cloche du dernier sentier franchir le soir et disparaitre,
              Le vœu lointain du vent séparer le retour dans les fers de l’absence qui passe.
             Saison d’animaux pacifiques, de filles sans méchanceté, vous détenez des pouvoirs que mon pouvoir contredit ; vous avez les yeux de mon nom, ce nom qu’on me demande d’oublier.
              Glas d’un monde trop aimé, j’entends les monstres qui piétinent sur une terre sans sourire. Ma sœur vermeille est en sueur. Ma sœur furieuse appelle aux armes.
            La lune du lac prend pied sur la plage où le doux feu végétal de l’été descend à la vague qui l’entraine vers un lit de profondes cendres.
Tracée par le canon,
- vive, limite immense –
La maison dans la forêt s’est allumée :
Tonnerre, ruisseau, moulin.


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