jeudi 8 décembre 2011

Pierre Seghers

Au seuil de l’oubli

Auras-tu encore besoin de sauvegarde dans ces passages
Lointains ou nébuleux, profondeurs et courants
Ou simple poids d’un corps qui se défait sans n’être
Rien d’autre qu’un support dévoré par le temps ?
Auras-tu encore besoin de moi, dans tes paroles
Prononcées jadis, sur les pétales et les jasmins
Souvenirs des jardins, dans les amours et dans leurs luttes
Mêlées au goût de vivre seul. Si le grand froid
T’envahit, que mes prières t’accompagnent
Dans le silence et le secret, que ton cœur vive dans mes mains
Toi, mon double, et qu’il réchauffe les décharnées
A jamais immobiles. Laisse le monde aller son train.


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