J'ai pardonné des erreurs presque impardonnables, j'ai essayé
de remplacer des personnes irremplaçables et oublier des personnes
inoubliables. J'ai agi par impulsion, j'ai été déçu par des gens que j'en
croyais incapables, mais j'ai déçu des gens aussi. J'ai tenu quelqu'un dans mes
bras pour le protéger. J'ai ri quand il ne fallait pas. Je me suis fait des
amis éternels. J'ai aimé et l'ai été en retour,
mais j'ai aussi été repoussé. J'ai été aimé et je n'ai pas su aimer. J'ai crié
et sauté de tant de joies, j'ai vécu d'amour et fait des promesses éternelles,
mais je me suis brisé le coeur, tant de fois! J'ai pleuré en écoutant de la
musique ou en regardant des photos. J'ai téléphoné juste pour entendre une
voix, je suis déjà tombé amoureux d'un sourire. J'ai déjà cru mourir par tant
de nostalgie et... J'ai eu peur de perdre quelqu'un de très spécial (que j'ai
fini par perdre)... Mais j'ai survécu! Et je vis encore ! Et la vie, je ne m'en
passe pas... Et toi non plus tu ne devrais pas t'en passer. Vis! Ce qui est
vraiment bon, c'est de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre
avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant, parce que le monde
appartient à celui qui ose et la vie c'est beaucoup trop pour être
insignifiant!
mercredi 26 décembre 2012
lundi 24 décembre 2012
L'absence
Pendant longtemps j’ai cru que l’absence est manque.
Et je déplorais, ignorant, ce manque.
Aujourd’hui je ne le déplore plus.
Il n’y a pas de manque dans l’absence.
L’absence est une présence en moi.
Et je la sens, blanche, si bien prise, blottie dans mes bras,
que je ris et danse et invente des exclamations joyeuses,
parce que l’absence, cette absence incorporée,
personne ne peut plus me la dérober.
Carlos Drummond de Andrade
dimanche 23 décembre 2012
La fin du monde
Ils sont montés sur un promontoire qui
domine l’océan. L’eau s’étend à leurs pieds à l’horizon, à l’infini. Le ciel
immense accueille ces étranges voyageurs, juchés sur un lingot d’or immense,
sculpté par les Mayas il y a bien longtemps, et abandonné là à la fin du monde.
Levant les yeux vers les nuages, ils revoient leur vie : formes et
couleurs au grès du vent qui murmure une ère nouvelle. Ils ont tout connu de la
vie. Enfants, ils ont joué à être plus grands et plus fort qu’ils ne le
seraient jamais, chevaliers dressés contre toutes les injustices d’un monde qui
s’effondrait. Ils ont mené la révolte, la révolution. Ils ont crié que l’amour
était plus fort que la haine, face aux matraques des soldats. L’amour. C’est
dans l’amour qu’ils ont jetés toutes leurs forces, jusqu’à l’épuisement. Ils
ont aimé comme on danse. Ils ont aimé comme on se bat. Ils ont aimé à corps perdu,
à perdre la raison. A travers leurs yeux, on voyait le feu de leur cœur, cette
ardente liberté qu’ils suivaient là où leurs pas les guidaient. Et un jour,
leurs pas les guidèrent vers la mer. Le monde s’écroulait, et ils savaient
qu’ils devaient préserver leur trésor, leur feu brûlant de vie. Voilà ce que
mes amis voyaient dans les nuages. Maintenant il n’y a plus de Terre. Nous
n’avons plus qu’un choix. Plonger dans les profondeurs des abysses. Ou
continuer à chercher dans le ciel l’éclaircie, les derniers rayons du Soleil.
Lady Chouette
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