dimanche 23 décembre 2012

La fin du monde


Ils sont montés sur un promontoire qui domine l’océan. L’eau s’étend à leurs pieds à l’horizon, à l’infini. Le ciel immense accueille ces étranges voyageurs, juchés sur un lingot d’or immense, sculpté par les Mayas il y a bien longtemps, et abandonné là à la fin du monde. Levant les yeux vers les nuages, ils revoient leur vie : formes et couleurs au grès du vent qui murmure une ère nouvelle. Ils ont tout connu de la vie. Enfants, ils ont joué à être plus grands et plus fort qu’ils ne le seraient jamais, chevaliers dressés contre toutes les injustices d’un monde qui s’effondrait. Ils ont mené la révolte, la révolution. Ils ont crié que l’amour était plus fort que la haine, face aux matraques des soldats. L’amour. C’est dans l’amour qu’ils ont jetés toutes leurs forces, jusqu’à l’épuisement. Ils ont aimé comme on danse. Ils ont aimé comme on se bat. Ils ont aimé à corps perdu, à perdre la raison. A travers leurs yeux, on voyait le feu de leur cœur, cette ardente liberté qu’ils suivaient là où leurs pas les guidaient. Et un jour, leurs pas les guidèrent vers la mer. Le monde s’écroulait, et ils savaient qu’ils devaient préserver leur trésor, leur feu brûlant de vie. Voilà ce que mes amis voyaient dans les nuages. Maintenant il n’y a plus de Terre. Nous n’avons plus qu’un choix. Plonger dans les profondeurs des abysses. Ou continuer à chercher dans le ciel l’éclaircie, les derniers rayons du Soleil.

Lady Chouette

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