Ils sont montés sur un promontoire qui
domine l’océan. L’eau s’étend à leurs pieds à l’horizon, à l’infini. Le ciel
immense accueille ces étranges voyageurs, juchés sur un lingot d’or immense,
sculpté par les Mayas il y a bien longtemps, et abandonné là à la fin du monde.
Levant les yeux vers les nuages, ils revoient leur vie : formes et
couleurs au grès du vent qui murmure une ère nouvelle. Ils ont tout connu de la
vie. Enfants, ils ont joué à être plus grands et plus fort qu’ils ne le
seraient jamais, chevaliers dressés contre toutes les injustices d’un monde qui
s’effondrait. Ils ont mené la révolte, la révolution. Ils ont crié que l’amour
était plus fort que la haine, face aux matraques des soldats. L’amour. C’est
dans l’amour qu’ils ont jetés toutes leurs forces, jusqu’à l’épuisement. Ils
ont aimé comme on danse. Ils ont aimé comme on se bat. Ils ont aimé à corps perdu,
à perdre la raison. A travers leurs yeux, on voyait le feu de leur cœur, cette
ardente liberté qu’ils suivaient là où leurs pas les guidaient. Et un jour,
leurs pas les guidèrent vers la mer. Le monde s’écroulait, et ils savaient
qu’ils devaient préserver leur trésor, leur feu brûlant de vie. Voilà ce que
mes amis voyaient dans les nuages. Maintenant il n’y a plus de Terre. Nous
n’avons plus qu’un choix. Plonger dans les profondeurs des abysses. Ou
continuer à chercher dans le ciel l’éclaircie, les derniers rayons du Soleil.
Lady Chouette
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