Les fondations
Voici les fondations de ma maison d’hier,
Voici le vieux seuil de la porte d’entrée,
Plus qu’un seuil – une pierre.
De la maison que j’ai jadis quittée
L’herbe tendre a recouvert le seuil
Et inconnu dans mon enfance
Des pommiers au-dessus de l’herbe agitent leurs feuilles,
Les pommiers plantés en mon absence.
Mes vers de jeunesse sur des cahiers alignés
Dorment sous l’herbe avec la dalle.
Ils dorment, sur eux l’herbe a bien poussé
Et les fleurs des pommiers y laissent choir leurs pétales,
Quand la route me ramène dans ce coin
Les rêves de ces vers juvéniles se réveillent,
Papillonnent au-dessus des foins
Et avec l’herbe et les feuilles murmurent comme des abeilles…
Alors je parle tout seul et sous les arbres je m’assieds
Un brin d’herbe à la bouche :
Il est vrai qu’à la ville j’écris des poèmes volontiers
Mais je demeure un paysan farouche…
A cette source je ne rougis pas de me nourrir
Source de mes bons rêves,
Sur lesquels d’autres rêves j’ai pu bâtir,
De si beaux rêves…